Rebecca

Auteur : Daphné Du Maurier

Éditeur : Le Livre de Poche

Date de parution : 1960

Nombre de pages : 377

EAN : 9782253006732

Où puis-je trouver ce livre ? : Amazon ; Bookeenstore ; Kobo ; Cultura

Résumé

Sur Manderley, superbe demeure de l’ouest de l’Angleterre, aux atours victoriens, planent l’angoisse, le doute : la nouvelle épouse de Maximilien de Winter, frêle et innocente jeune femme, réussira-t-elle à se substituer à l’ancienne madame de Winter, morte noyée quelque temps auparavant ?

Ce que j’en pense

Comment j’en suis venu à lire Rebecca ? Vous vous posez surement la question car lorsque l’on regarde le type de roman que je lis habituellement, le roman gothique fait parti de ceux que je ne lis jamais. Et bien pour tout vous avouer, j’ai été victime une nouvelle fois du machiavélisme d’Elodie du blog Parlons Fiction. Elle a ce pouvoir de planter une petite graine dans votre cerveau et de la faire germer jusqu’à vous donner une envie irrésistible de lire le livre. Comme elle l’avait fait pour Entretien avec un vampire. Mais trêve de plaisanterie, parlons plutôt du roman. Alors ai-je aimé ce livre ? Je vous réponds de suite.

« J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley. » C’est par cette phrase que l’auteure Daphné du Maurier commence son roman. A travers ces quelques mots, elle parvient à exercer une fascination sur son lectorat. Et c’est ainsi que nous parcourons les premières pages de cette oeuvre. Nous faisons la connaissance de cette jeune héroïne, dont on ne connaîtra jamais l’identité, dame de compagnie de la mondaine Mrs Van Hopper, toutes les deux en vacances à Monte-Carlo. Mais pour cette jeune femme, dépeinte comme timide et réservée, ces vacances sont d’un ennui. Jusqu’au moment où elle rencontre l’énigmatique Maxim de Winter, riche propriétaire du domaine de Manderley, en Angleterre. Entre eux c’est le coup de foudre et après quelques jours de pur bonheur et un mariage express, les voici arrivant à Manderley. Dès son arrivée, la jeune Mme de Winter sent la « présence » de la défunte femme de Maxim, Rebecca à travers la maison mais aussi à travers l’accueil glacial de Mrs Danvers, la gouvernante.

Mais n’allons pas plus loin dans l’histoire car les questions fondamentales que le lecteur va se poser sont déjà ici : comment la nouvelle Mme de Winter va-t-elle s’imposer ? Pourquoi Maxim est-il aussi énigmatique et distant depuis son retour à Manderley ? Que reproche Mrs Danvers à cette nouvelle épouse et pourquoi est-elle si froide ?

Ce qui fait la grande force de ce roman ce n’est pas l’histoire en elle-même car même si elle est intéressante, ce n’est pas ce qui m’a le plus transporter. Non, la vraie force de cette oeuvre se sont ses personnages. Tous, sans exceptions, sont le moteur de ce roman.

Notre héroïne entre dans un monde totalement nouveau dont elle ne connait pas tous les codes. Même si son éducation sur ce milieu a été faite par Mrs Van Hopper, elle ne sait en aucun cas tenir une maison. Sa timidité va faire qu’elle va surtout se reposer sur l’expérience de Mrs Danvers. Mais le personnage va évoluer à travers tout le roman. « Nous » allons évoluer également car le fait que nous ne connaissions pas l’identité exacte de cette héroïne, permet au lectorat de se projeter à travers ce personnage. Un véritable tour de force de Daphné du Maurier.

Mrs Danvers reste mon personnage préféré. Froide, machiavélique, elle vous fait ressentir que vous n’êtes pas la bienvenue et que vous êtes inutile. Les confrontations avec la nouvelle Mme de Winter sont jubilatoires car on a envie de savoir jusqu’où elle est capable d’aller dans la cruauté. Dans le roman, il y a une scène précise qui m’a marqué. Si vous l’avez lu ou si vous allez le lire, vous saurez car elle est si intense qu’on en a le souffle coupé.

Maxim est plutôt en retrait dans les 3/4 du roman mais il reste un personnage très bien écrit car on sent la dualité qui l’anime : vivre heureux avec sa nouvelle femme mais être totalement à la merci du souvenir de Rebecca. Car Rebecca vit toujours au travers de tous ces personnages.

Mais au final qui était vraiment Rebecca ? Vous ne le saurez que vers la fin du livre. Daphné du Maurier maintient une tension et un suspense tout au long du roman. Cela monte crescendo car comme je le disais au début, le roman commence plutôt comme une comédie romantique pour continuer sur une histoire d’une noirceur telle que le roman ne peut que vous marquer.

Alors ai-je aimé ce roman ? C’est un grand oui car l’écriture est riche et la construction de toute l’oeuvre maîtrisée de bout en bout. Si vous n’avez jamais lu Rebecca, je ne peux que vous conseiller de le lire.

L’adaptation cinématographique

Après avoir lu le roman, il fallait à tout prix que je vois l’adaptation par Alfred Hitchcock. C’est un réalisateur que j’affectionne beaucoup car il a un sens de la réalisation et une maîtrise du suspense que font mouche à chaque fois.

Rebecca est est le premier long métrage américain d’Alfred Hitchcock car en effet ce dernier est anglais. Et pour ce premier film, il a voulu adapter un roman anglais qui se passe en Angleterre. C’est la deuxième histoire qu’il adapte de la romancière Daphné du Maurier car son précédent film était La Taverne de la Jamaïque.

Le film est une excellente adaptation du roman. Il commence d’ailleurs par les premières phrases du roman et pendant que l’héroïne les dicte, la caméra d’Hitchcock remonte l’allée de Manderley et nous présente la maison avec un effet un peu angoissant je dirais. Rien qu’avec ces premières minutes, il parvient comme Daphné du Maurier à nous faire rentrer dans son histoire.

Le jeu des acteurs est remarquable. Le duo Laurence Olivier et Joan Fontaine fonctionne à merveille. Ils forment tous les deux un très beau couple à l’écran et sont vraiment attendrissants. Mais la mention spéciale va directement à Judith Anderson, qui joue Mrs Danvers. Elle l’incarne avec brio. Dès qu’elle apparaît à l’écran, elle en impose et on comprend pourquoi la nouvelle madame de Winter se sent toujours honteuse. Pour anecdote, la silhouette de Judith Anderson en Mrs Danvers sera reprise par les studios Disney pour la marâtre de Cendrillon.

Hitchcock réussit à maintenir la même tension et le même suspense que dans le roman. Il va même aller plus loin en nous offrant une fin moins ouverte que celle du roman mais tout aussi affreuse. C’est la fin que j’avais imaginé donc ça me va très bien.

Hitchcock recevra le seul oscar de sa carrière avec ce film et encore, car à l’époque l’oscar du meilleur film était attribué au producteur. Il adaptera plus tard encore une histoire de Daphné du Maurier et c’est un film que tout le monde connaît : Les Oiseaux.

On continue l’aventure !

Section littéraire

Résumé : Existe-t-il plus grand plaisir que d’écouter des récits macabres, la veille de Noël, dans une vieille maison isolée ? Qu’il est diabolique le frisson qui glace alors les sangs… Qu’il est divin le cri des femmes épouvantées… Ce ne sont pourtant que des histoires… Tandis que celle-ci… Elle a été vécue… Par des enfants encore, deux petits orphelins, si admirablement gracieux, si serviables et si doux… Et leur gouvernante, une jeune fille des plus honnêtes. Ce qu’ils ont vu, ce qu’ils ont enduré et les circonstances extraordinaires des événements qui les ont… Mais non ! c’est trop horrible… Ça dépasse tout… En pure terreur ! Car le pire, c’est de savoir que, justement, on ne saura jamais tout…

Je n’ai jamais lu ce court roman mais il est très connu dans le genre du roman gothique. Vous connaissez surement ses différentes adaptations : Les Innocents (1961); Les Autres (2001) ou encore plus récemment The Haunting of Bly Manor (2020). Du coup, comme j’ai bien aimé ces adaptations, je lirais peut-être cette histoire un jour.

Résumé : Hill House est une immense et lugubre résidence, construite au XIXe siècle par le richissime industriel Hugh Crain. C’est une monstruosité architecturale, née d’un esprit torturé qui la souhaita à son image : labyrinthique, ténébreuse et pleine de lourds et terribles secrets. On la dit hantée, maléfique. Un chercheur fasciné par les phénomènes paranormaux a réuni dans la vieille demeure trois sujets, dont la personnalité lui paraît propre à susciter des manifestations surnaturelles, pour vérifier si Hill House et ses fantômes sont à la hauteur de leur réputation. Le cauchemar peut commencer…

J’ai lu ce roman il y a un an ou deux mais je n’ai pas su apprécier ce roman à sa juste valeur, car trop influencé par ses adaptations. Mais le roman de Shirley Jackson fait monter la pression chez les différents protagonistes jusqu’à la toute fin. Je le conseille car il reste un monument du roman gothique et fantastique.

Section cinéma

Synopsis : Angleterre, 1921. L’écrivain et scientifique Florence Cathcart est la meilleure chasseuse de fantômes du pays. Elle est invitée par Mallory, un mutilé de la Grande Guerre, à venir à la campagne dans le pensionnat où ce dernier est enseignant pour enquêter sur une mort mystérieuse attribuée à l’esprit maléfique d’un enfant. À l’aide d’une caméra, de pièges à fil et d’enregistreurs, Florence en vient rapidement à la conclusion qu’il existe une explication logique derrière cette tragédie.

J’ai bien aimé ce film quand je l’ai vu notamment grâce à l’interprétation de Rebecca Hall. Il peut rappeler sous certains aspects La maison hantée de Shirley Jackson. Un film avec une véritable atmosphère qu’il vous faut découvrir.

Synopsis : San Francisco, 1962. Une jeune femme et un avocat entament un jeu de séduction chez un oiseleur. Afin de le revoir, elle use d’un stratagème et décide de lui livrer elle-même un couple d’oiseaux, « les inséparables ». Sur la route, elle est attaquée par une mouette. Bientôt d’étranges phénomènes liés au comportement des oiseaux annoncent un drame imminent…

Les Oiseaux est le premier film que j’ai vu d’Alfred Hitchcock et je ne savais pas que c’était une adaptation d’une histoire de Daphné du Maurier jusqu’à très récemment. Ça commence un peu comme Rebecca avec une bleuette entre un homme et un femme pour se transformer en une histoire dramatique. La réalisation est toujours impeccable et les effets spéciaux géniaux pour l’époque. On redoute à chaque instant les attaques des oiseaux. La tension monte crescendo tout au long du film. En bref, un des meilleurs films du maître du suspense.

2 commentaires sur “Rebecca

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